C’est une question que l’on me pose souvent, et qui est bien légitime, tant chacun et chacune aimerait avoir sa propre petite fée à disposition, gentiment posée dans son salon, lequel serait emplit des grelots de son rire du matin jusqu’au soir.

Autant que je mette les pendules à l’heure dès maintenant. On ne capture PAS une fée. Au mieux, une fée se présente à vous, elle vous apprécie et décide de revenir vous voir régulièrement, en bonne amie. Au pire, elle restera dans votre environnement sans jamais se montrer, et vous ne saurez même pas qu’elle est là. Mais croyez-moi, la pire des choses à faire serait de chercher à en capturer une.

Imaginez que vous êtes bien tranquillement en train de boire un thé sur votre terrasse, ou flânant dans un parc, ou époussetant vos étagères, et là, quelqu’un surgit de nulle part et vous arrache à votre vie insouciante pour vous enfermer dans une cage. Quels sentiments pensez-vous que vous nourririez pour votre ravisseur ? Non, non, ne cherchez pas d’échappatoire, les fées ne développent pas de Syndrome de Stockholm. Elle ont de plus, comme tout le petit peuple, une excellente mémoire et un très grand sens de la solidarité. Si une personne les blesse de quelque façon que ce soit, soyez certain qu’elle s’expose à une vie entière de clés ou de téléphones mystérieusement égarées, de chaussettes désespérément orphelines, d’électroménager récalcitrant, de rendez-vous manqués et de vacances pluvieuses.

Enfermer une fée, c’est la condamner à perdre toute vitalité et toute joie. Vous la verriez rapidement perdre de ses paillettes de lumière, puis ses ailes deviendraient grises et ternes, et de plus en plus petites et rabougries jusqu’à ne plus pousser du tout.

Les fées sont comme tout ce que l’on aime en ce monde, il faut savoir leur laisser le cadeau de leur liberté.

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