fbpx

Il y a une question que l’on me pose souvent, que ce soit par messagerie ou sur les marchés et salons.

« Comment l’idée vous est-elle venue ? »

Ce serait très réducteur de vous donner la réponse en une phrase, il n’y a pas eu un matin où je me sois levée en ayant eu une épiphanie. Non. Il s’agit plutôt de tout un déroulement qui depuis l’enfance m’a amenée à créer cet univers féerique.

En réfléchissant aux racines de mon goût pour le fantastique, un livre de la Comtesse de Ségur m’est revenu en mémoire. Toute l’œuvre de cette femme a fortement imprégné mes premiers émois littéraires. C’est que ma maman, dans son infinie sagesse, avait choisi de mettre à profit ma boulimie de lecture pour me transmettre de solides leçons de morale.

Ainsi, elle m’encourageait à devenir une petite fille modèle, comme Camille et Madeleine, et elle brandissait Les Malheurs de Sophie comme une menace de ce qu’il risquait de m’arriver si je n’étais pas sage.

J’ai lu beaucoup de romans de la Comtesse de Ségur, compati aux mésaventures de l’âne Cadichon, admiré le courage de Caroline, La Sœur de Gribouille, j’ai été agacée par les frasques de Gisèle, cet amour d’enfant, et horrifiée par les traitements subis par Charles, le bon petit diable !

Mais de toute la collection, le livre qui m’a le plus touchée, qui revient à ma mémoire de temps en temps depuis toutes ces années, est un recueil de contes très différent de tous ces romans sur l’enfance. Et particulièrement, sur les quatre histoires qui figurent entre ces pages, il y a celle d’Ourson, enfant né le corps couvert de poils suite à une malédiction jetée à sa mère par la fée Rageuse, et qui ne peut mettre fin à son calvaire qu’en parvenant à se faire aimer de quelqu’un suffisamment fort pour que la personne échange sa peau avec la sienne. Il y a dans cette histoire une injustice tellement révoltante (Ourson qui doit payer pour les fautes de sa mère) et l’idée du sacrifice transpire à tel point que l’impression qu’elle a eue sur ma toute petite tête a été très intense. Et c’est grâce à ce livre que j’ai compris qu’un message ne me touchait que davantage s’il était enrobé de fantastique et de féerie.

Et là où ça devient vraiment magique…

Figurez-vous qu’hier, j’ai cherché en vain sur Internet l’édition du livre dont je me souvenais. Wikipedia renvoyait le titre Nouveaux Contes de fées, rien qui ne fasse écho à ma mémoire. J’ai donc décidé, ce matin, de farfouiller dans les tréfonds de mes armoires et de partir en expédition dans mes valises de vieux bouquins, en quête du précieux volume.

Vous comprendrez que mon émerveillement a été total quand j’ai mis la main dessus.

La Cabane enchantée !!! C’est le nom que je donne à mon stand féerique depuis le premier marché sur lequel je l’ai installé ! Sûrement un coup de la fée Drôlette 😉

Et vous, vous vous souvenez des livres que vous avez lus petits et qui ont forgé l’adulte que vous êtes aujourd’hui ?